| Les pâtes à tartiner de meilleure qualité contiennent au moins 25 % de noisettes et placent la noisette ou le cacao parmi leurs premiers ingrédients. Certaines recettes renferment jusqu’à 55 % de sucre. Une portion de 15 grammes apporte environ 87 kilocalories. Leur consommation devrait rester occasionnelle, de préférence au goûter. |
Les pâtes à tartiner riches en noisettes ne sont pas nécessairement saines. Derrière des emballages qui jouent la carte du naturel, la composition réelle des pots réserve souvent de mauvaises surprises. Mode d’emploi pour ne plus se laisser piéger par les étiquettes.
- Près de 70 références se disputent désormais le rayon
- Le sucre représente parfois plus de la moitié du pot
- L’huile de colza offre le profil lipidique le plus intéressant
- Une recette qualitative contient au moins 25 % de noisettes
- Une portion de 15 grammes apporte environ 87 kilocalories
- Le goûter reste préférable au petit-déjeuner
- Les ventes progressent malgré l’inflation alimentaire
- La recette maison permet de contrôler chaque ingrédient
- Quatre critères permettent d’identifier les pots les mieux formulés
Près de 70 références se disputent désormais le rayon
Le rayon des pâtes à tartiner n’a plus grand-chose à voir avec le duopole d’il y a vingt ans. Longtemps, le Nutella, lancé par Ferrero en 1964, a régné sans partage sur les linéaires. Le produit reste aujourd’hui le leader incontesté du marché français. Mais sa recette historique, dominée par le sucre et l’huile de palme, a fini par interpeller une partie des consommateurs à la recherche d’alternatives plus diététiques.
C’est dans cette brèche que se sont engouffrées de nouvelles marques, à commencer par la Nocciolata, lancée en 2008 par l’entreprise italienne Rigoni di Asiago et qui se revendique sans huile de palme ni arômes artificiels. Elle n’est toutefois pas la seule concurrente : selon le magazine 60 Millions de consommateurs, le rayon compterait aujourd’hui près de 70 références différentes.
| 📌 Repères clés |
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| 🍫 Le sucre peut représenter jusqu’à 55 % de certaines pâtes à tartiner vendues comme des recettes aux noisettes et au chocolat. 🌰 Une pâte à tartiner qualitative devrait contenir au moins 25 % de noisettes et les placer parmi ses premiers ingrédients. 🫙 L’huile de colza présente un profil nutritionnel plus intéressant que les huiles de palme ou de tournesol. 🥄 Une portion de 15 grammes correspond à environ deux petites cuillères et apporte près de 87 kilocalories. 🕓 La pâte à tartiner devrait rester un aliment plaisir occasionnel, consommé de préférence au goûter. |
Le sucre représente parfois plus de la moitié du pot
La première chose à faire en rayon n’est pas de regarder la photo du pot, mais la liste des ingrédients. Ils sont classés par ordre d’importance décroissante : le premier mentionné est celui présent en plus grande quantité. Pour bien choisir son pot, il faut donc d’abord regarder la liste des ingrédients. Ils sont classés par ordre d’importance.
Or, sur la plupart des pâtes dites « aux noisettes et au chocolat », c’est justement là que le bât blesse. Le sucre est souvent le premier ingrédient, représentant parfois jusqu’à 55 % du produit total. Une portion de 15 grammes, soit deux petites cuillères, équivaut alors à 1,5 morceau de sucre.
Quelques marques font le choix de placer la noisette en tête de liste : Lucien Georgelin (40 % de noisettes), Nocciolata La Bianca ou Lindt Extra-Noisette. Leur teneur en sucre redescend alors autour de 40 %. Funkie mise, quant à lui, sur les haricots rouges comme premier ingrédient, avec un taux de sucre plus raisonnable, autour de 30 %. Certaines recettes affichent également l’absence de sucre ajouté, remplacé par de la poudre de datte dans le meilleur des cas, ou par des édulcorants. Ces versions restent toutefois souvent plus grasses et plus caloriques.

L’huile de colza offre le profil lipidique le plus intéressant
Le sucre n’est pas le seul point à surveiller. Les pâtes à tartiner sont également des produits riches en matières grasses et toutes les huiles ne se valent pas. Ce n’est pas tant la quantité de graisses qu’il faut surveiller, mais leur qualité. L’huile de palme, souvent utilisée pour sa texture, pose un double problème : elle est riche en graisses saturées, dont une consommation excessive est néfaste pour le système cardiovasculaire, et sa production est associée à une déforestation massive. De plus en plus de marques en font d’ailleurs un argument marketing en affichant son absence.
L’huile de tournesol constitue une alternative, mais elle est imparfaite selon la diététicienne, en raison de sa richesse en oméga 6, qui sont pro-inflammatoires en excès. L’huile de colza, elle, apporte des oméga 3 et constitue le choix le plus intéressant sur le plan nutritionnel, à condition que la pâte à tartiner ne soit pas trop raffinée par ailleurs.
Une recette qualitative contient au moins 25 % de noisettes
Bien formulées, les pâtes à tartiner peuvent malgré tout présenter un intérêt nutritionnel, à condition de miser sur leurs deux ingrédients nobles : le cacao et la noisette. Elles sont riches en fibres favorables au microbiote, en protéines rassasiantes, en minéraux et en bonnes graisses.
Le problème, c’est que dans les recettes basiques, la teneur en cacao ne dépasse pas 5 à 7 % et celle en noisettes 10 à 15 %. Pour une pâte à tartiner de qualité, il faut au moins 25 % de noisettes. La règle est simple : plus une pâte à tartiner est riche en noisettes, plus son prix est élevé. À l’inverse, plus la liste d’ingrédients comporte de sucre, d’huile et d’additifs comme les émulsifiants ou les arômes, plus le produit devrait être évité, même s’il est bon marché.
Une portion de 15 grammes apporte environ 87 kilocalories
Même en optant pour un produit de meilleure qualité nutritionnelle, la modération reste de mise. Les pâtes à tartiner affichent en moyenne 580 kilocalories pour 100 grammes. La dose recommandée par les fabricants, soit 15 grammes, représente déjà environ 87 kilocalories.
Les enfants, qui ont naturellement une appétence plus forte pour le sucre, ne devraient pas pour autant en consommer davantage sous prétexte qu’un produit est plus sain. Autre conseil pratique : étaler la pâte à tartiner sur du pain plutôt que sur de la brioche ou des biscuits, qui sont déjà sources de glucides.
Le goûter reste préférable au petit-déjeuner
Contrairement à une idée reçue, les pâtes à tartiner ne sont pas recommandées au petit-déjeuner. « Il faut éviter de manger trop sucré dès le matin, car cela entraîne un pic de glycémie et des fringales sucrées pour le reste de la journée », avertit Nathalie Majcher, diététicienne, dans les colonnes du Dr Good. Elle conseille plutôt de réserver ce plaisir au goûter et de privilégier, au petit-déjeuner, un repas plus protéiné à base d’œufs, de jambon ou de fromage.
Une précision utile également sur la comparaison souvent faite avec les confitures : celles-ci sont fabriquées à partir de fruits, mais contiennent en moyenne 70 % de sucre, et la cuisson détruit par ailleurs une grande partie des vitamines d’origine. Les pâtes à tartiner sont un peu moins sucrées que les confitures, mais plus grasses et plus caloriques. Les deux restent, au fond, des aliments plaisir, à consommer avec modération plutôt qu’au quotidien.
Les ventes progressent malgré l’inflation alimentaire
Loin d’être un produit en perte de vitesse, la pâte à tartiner fait partie des rares catégories alimentaires dont les ventes ont continué de progresser durant la période d’inflation post-Covid. Selon des données du cabinet d’études Circana, le chiffre d’affaires du secteur aurait doublé en dix ans. Ce chiffre précis n’a pas pu être retrouvé de façon indépendante lors de la vérification de cet article ; toutefois, des données Circana plus récentes, publiées par le média professionnel LSA, confirment une dynamique de croissance continue du marché des pâtes à tartiner ces dernières années, portée notamment par la demande de produits non chocolatés et allégés en huile de palme.
L’offre s’est également diversifiée en ce qui concerne les marques : les marques historiques (Nutella, Nocciolata), les marques de distributeurs, les grandes marques généralistes (Milka, Poulain), les marques bio spécialisées (Jardin bio, Jean Hervé) et même certaines maisons de chocolatiers proposent désormais leur propre version. Sans huile de palme, sans lait, véganes, riches en cacao ou en noisettes, avec d’autres oléagineux comme la cacahuète ou la noix de cajou : la diversité des recettes est telle qu’il est difficile de s’y retrouver sans lire attentivement les étiquettes, qui peuvent afficher des noisettes en photo alors qu’elles sont peu présentes dans la composition réelle.
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La recette maison permet de contrôler chaque ingrédient
Pour garder un contrôle total sur la qualité des ingrédients, la solution la plus fiable reste de la préparer soi-même. Il suffit de mélanger de la purée de noisettes avec la même quantité de chocolat noir fondu, puis d’ajuster avec un peu de sucre, d’huile de noisette ou de cacao selon les goûts recherchés. Pour une version plus rapide et légère, il est également possible de simplement tartiner son pain de purée de noisettes et de saupoudrer du cacao amer par-dessus.
Quatre critères permettent d’identifier les pots les mieux formulés
Quelques réflexes permettent de faire un choix plus éclairé en rayon. Il faut notamment vérifier que la noisette ou le cacao figurent parmi les tout premiers ingrédients de la liste, privilégier une huile de colza plutôt qu’une huile de palme ou de tournesol, viser une teneur en noisettes d’au moins 25 % pour un produit réellement qualitatif, et limiter la consommation à une ou deux petites cuillères, de préférence au goûter plutôt qu’au petit-déjeuner. Le prix, souvent révélateur de la qualité des matières premières utilisées, reste un indicateur à ne pas négliger, même s’il ne dispense jamais de lire l’étiquette.

