Risque de maladie coronarienne : pourquoi le sport protège davantage les femmes que les hommes

Avec moins d’exercice que les hommes, les femmes réduisent bien davantage leur risque de maladie coronarienne, selon une étude de référence.

6 min. de lecture
6 min. de lecture
© Photo : Syda_Productions (Depositphotos)

Les femmes bénéficient donc bien plus que les hommes des bienfaits cardiovasculaires du sport. Une vaste étude internationale publiée en octobre 2025 dans la revue Nature Cardiovascular Research bouleverse les recommandations actuelles en matière d’activité physique. Les résultats sont frappants : pour obtenir une réduction équivalente du risque de maladie coronarienne, les femmes ont besoin de deux fois moins d’exercice que les hommes.

- Publicité -

Les chercheurs ont analysé les données de plus de 85 000 participants de la UK Biobank britannique. Pendant près de huit ans, ces volontaires ont porté des montres connectées qui ont mesuré précisément leurs mouvements quotidiens. L’objectif était simple : mesurer l’intensité et la durée réelles des efforts physiques lors d’activités telles que la marche rapide, la course ou le vélo.

📌 Repères clés
🧍‍♀️ Femmes : réduction du risque coronarien jusqu’à 22 % avec 150 min/semaine
🧍‍♂️ Hommes : réduction moyenne limitée à 17 % pour la même durée
⏱️ Objectif –30 % de risque : 250 min/semaine chez les femmes contre 530 chez les hommes
❤️ Femmes déjà malades : mortalité réduite trois fois plus grâce à l’activité physique
📊 Étude : 85 000 participants suivis pendant près de 8 ans via montres connectées

Pourquoi le sport réduit davantage le risque de maladie coronarienne chez les femmes

Pourquoi un tel écart entre les hommes et les femmes ? Les scientifiques avancent plusieurs hypothèses. Les femmes auraient une composition corporelle différente, avec une proportion de fibres musculaires spécifique. Leur système cardiovasculaire réagirait également différemment à l’effort physique.

« Nous avons été très surpris de constater que les femmes obtenaient des bénéfices cardiovasculaires comparables à ceux des hommes avec seulement la moitié de l’activité physique », confie Jiajin Chen, chercheur à l’Institut des maladies cardiovasculaires de l’université de Xiamen et auteur principal de l’étude. Cette découverte remet en question les recommandations universelles actuelles, qui ne tiennent pas compte du sexe.

Les activités physiques réduiraient le risque de maladie coronarienne de trois fois plus chez les femmes
© Photo : AndrewLozovyi (Depositphotos)

Risque de maladie coronarienne : des bénéfices obtenus avec moins d’exercice chez les femmes

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les femmes qui consacrent 150 minutes par semaine à une activité physique modérée à intense voient leur risque de maladie coronarienne diminuer de 22 %. Chez les hommes, ce risque est réduit de 17 % seulement.

- Publicité -

La différence est encore plus spectaculaire lorsque l’on vise une réduction de 30 % du risque cardiaque. Les hommes doivent alors s’astreindre à 530 minutes d’exercice par semaine, soit environ une heure et quart par jour. Les femmes, elles, atteignent le même objectif avec seulement 250 minutes par semaine, soit moins de quarante minutes par jour.

Suivez toute l’actualité d’auravita sur Flipboard, ou recevoir directement dans votre boîte mail avec Feeder.

Maladie coronarienne : un impact majeur du sport chez les femmes déjà atteintes

L’étude révèle un autre constat surprenant. Parmi les 5 169 participants déjà atteints d’une maladie coronarienne, les femmes qui suivaient les recommandations de 150 minutes d’exercice par semaine voyaient leur risque de mortalité diminuer trois fois plus que les hommes.

Seules 340 femmes cardiaques respectaient ces directives, avec six décès enregistrés. À l’inverse, 111 décès sont survenus chez les patientes qui ne pratiquaient pas suffisamment d’activité physique. Cette différence massive suggère que le sport est une arme thérapeutique particulièrement efficace pour les femmes souffrant de problèmes cardiaques.

- Publicité -

Activité physique et risque coronarien : des recommandations encore non différenciées

Les maladies coronariennes sont la deuxième cause de mortalité en France, et la première chez les femmes après la ménopause. Ces pathologies sont généralement provoquées par l’obstruction des artères coronaires due à l’accumulation de graisses. Les symptômes peuvent aller de la simple gêne thoracique à l’infarctus mortel.

Les lignes directrices actuelles de l’Organisation mondiale de la santé et de l’American Heart Association recommandent 150 minutes d’activité physique modérée à intense par semaine, sans distinction entre les sexes. « Les directives actuelles négligent les différences entre les sexes », souligne l’équipe de recherche.

Vers une prévention personnalisée du risque de maladie coronarienne

Les scientifiques plaident désormais pour des recommandations adaptées au sexe de la personne. Ils reconnaissent toutefois la nécessité de confirmer ces résultats sur des populations plus diverses. La UK Biobank comprend en effet principalement des participants britanniques d’origine européenne.

- Publicité -

Cette découverte pourrait transformer la prévention des maladies cardiovasculaires. Les femmes, qui sont souvent moins actives physiquement que les hommes selon les données collectées, pourraient ainsi être davantage encouragées à pratiquer une activité sportive. D’autant qu’elles en tirent proportionnellement plus de bénéfices pour leur santé cardiaque.

L’étude ouvre également des perspectives pour les personnes déjà malades. Les médecins pourraient prescrire des volumes d’exercice adaptés au sexe de leurs patients cardiaques, ce qui maximiserait leurs chances de survie.

- Publicité -
Partager cet article