Comment faire son test de dépistage du cancer colorectal à domicile gratuitement ?

Chez soi, en quelques minutes, ce test discret peut changer le cours d’une vie, à condition de comprendre ses étapes et d’éviter les erreurs invisibles.

9 min. de lecture
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Chaque année, plus de 47 000 personnes apprennent qu’elles sont atteintes d’un cancer colorectal. C’est le troisième cancer le plus fréquent dans le pays et la deuxième cause de décès par cancer. Un chiffre qui pèse. Et pourtant, un test de dépistage colorectal simple, gratuit et réalisable chez soi en moins de cinq minutes existe. La grande majorité des personnes concernées n’y ont toujours pas recours.

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Sur les 20,8 millions de Français âgés de 50 à 74 ans ciblés pour la période 2023-2024, seuls 6,2 millions ont effectué ce test. Le taux de participation stagne autour de 29,6 %, bien loin du seuil européen acceptable de 45 %. Pourquoi une telle réticence pour un geste aussi accessible ? Souvent, les gens ignorent tout simplement comment cela se passe. Voici comment se déroule concrètement ce test à domicile, étape par étape.

Comment obtenir votre kit de dépistage colorectal gratuit ?

L’Assurance Maladie envoie une invitation par courrier à toutes les personnes âgées de 50 à 74 ans tous les deux ans. Mais il n’est pas nécessaire d’attendre ce courrier. Il est possible de récupérer le kit directement en pharmacie, chez son médecin généraliste ou de le commander gratuitement sur le site monkit.depistage-colorectal.fr. L’analyse est prise en charge à 100 %, sans avance de frais.

Le kit se présente sous la forme d’une enveloppe bleue. Il contient un mode d’emploi illustré, une fiche d’identification à remplir accompagnée d’une feuille de recueil des selles biodégradable, ainsi qu’un tube de prélèvement avec une tige striée, un sachet de protection et une enveloppe de retour prépayée. Tout le matériel nécessaire est fourni. Rien à acheter, rien à préparer soi-même.

📌 Repères clés
🧪 Test gratuit, réalisable chez soi en moins de 5 minutes
📬 Kit disponible en pharmacie, chez le médecin ou en ligne
⚠️ 9 % des tests sont inutilisables à cause d’erreurs administratives
⏱️ Échantillon à envoyer sous 24 heures pour rester exploitable
📊 90 % des résultats sont négatifs et rassurants
📉 Participation en France autour de 30 %, loin des objectifs européens
🩺 Un test positif nécessite une coloscopie pour confirmer le diagnostic

Préparer correctement son test avant toute manipulation

Beaucoup de personnes commettent l’erreur de passer directement à l’étape du prélèvement. Il faut d’abord remplir la fiche d’identification et coller la petite étiquette datée sur le tube. Ce geste est fondamental. En effet, près de 9 % des tests reçus au laboratoire ne peuvent pas être analysés, souvent à cause d’informations manquantes ou d’une date de prélèvement absente. Autant dire qu’un test mal renseigné est un test perdu, et qu’il faut alors recommencer toute la démarche.

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Prenez deux minutes pour accomplir cette formalité administrative, cela évitera bien des complications. C’est un réflexe à acquérir.

Réaliser le prélèvement dans de bonnes conditions chez soi

C’est l’étape que beaucoup redoutent à tort. Il suffit de coller la feuille de recueil sur la lunette des toilettes à l’aide des autocollants fournis dans le kit, puis de faire ses besoins normalement par-dessus. Un seul impératif : les selles ne doivent pas entrer en contact avec l’urine, l’eau des toilettes ou un produit désinfectant, comme de la javel, car cela risquerait de fausser les résultats.

Vient ensuite l’étape centrale du prélèvement. On dévisse le bouchon vert du tube, on gratte la surface des selles avec la tige striée en deux ou trois endroits différents jusqu’à ce que la partie striée soit bien recouverte, puis on revisse le bouchon. On remet ensuite la tige dans le tube, on referme jusqu’à entendre le clic de confirmation, puis on secoue cinq fois. La feuille de recueil peut être jetée directement dans les toilettes, car elle est biodégradable. L’ensemble de la manipulation prend à peine quelques minutes.

Il convient toutefois de signaler un point de vigilance supplémentaire : si vous souffrez de saignements hémorroïdaires au moment du test, il est préférable d’attendre quelques jours avant de réaliser le prélèvement afin d’éviter un résultat faussement positif. Ce n’est pas une contre-indication définitive, mais une simple précaution de bon sens.

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Respecter les délais pour garantir la fiabilité de l’analyse

Une fois le prélèvement effectué, le tube est glissé dans le sachet de protection, puis dans l’enveloppe de retour prépayée. L’envoi est gratuit. Mais le délai compte. Comme le précise le Dr Gérald Kierzek, « l’échantillon doit être posté dans les 24 heures. En attendant, vous pouvez le conserver au réfrigérateur. » Il recommande également d’éviter de faire le test le week-end ou la veille d’un jour férié, afin que le prélèvement n’attende pas trop longtemps avant d’être traité. Un conseil pratique qui permet d’éviter que l’échantillon ne se dégrade avant d’atteindre le laboratoire.

Beaucoup de personnes ignorent cette contrainte de délai. Or, un échantillon mal conservé ou posté trop tard peut conduire à un résultat non interprétable, ce qui oblige à tout recommencer.

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Comprendre les résultats et les étapes médicales associées

Le résultat est envoyé par courrier ou via l’espace personnel Ameli, dans un délai de quinze jours ouvrés environ. Dans environ 90 % des cas, le test est négatif. Cela signifie qu’aucun saignement n’a été détecté dans les selles. La démarche est alors terminée : il suffira de renouveler le test dans deux ans.

Si le test est positif, cela indique la présence de sang dans les selles, mais pas nécessairement la présence d’un cancer. Un test positif justifie la réalisation d’une coloscopie, prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie. Comme le rappelle le Dr Kierzek, « c’est cet examen qui permettra de retirer d’éventuels polypes avant qu’ils ne deviennent cancéreux, ou de traiter un cancer à ses débuts ». La coloscopie reste l’examen de référence pour confirmer ou infirmer une anomalie détectée par le test immunologique.

Un dépistage encore insuffisamment suivi en France

Le faible taux de participation, à peine 28,4 % en 2024, interpelle les professionnels de santé. Les femmes participent légèrement davantage que les hommes (30,7 % contre 28,5 %). Les disparités régionales sont frappantes : le taux grimpe à 38,4 % en Ille-et-Vilaine, tandis qu’il tombe à 8 % en Guyane. Ces différences s’expliquent notamment par l’accès au système de soins, la densité médicale et la sensibilisation locale.

Le programme de dépistage organisé existe depuis 2008-2009, mais il peine à porter ses fruits. Pourtant, détecter un cancer colorectal à un stade précoce change radicalement le pronostic. Un polype retiré à temps, c’est un cancer évité. Ce test à domicile est l’outil le plus accessible pour y parvenir. Il ne nécessite ni rendez-vous, ni déplacement, ni préparation particulière. Il suffit de prendre un peu de temps, d’utiliser une enveloppe bleue et de faire preuve de volonté pour prendre soin de soi.

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